Soirée spéciale Aurélie Namur à l’Eden (Charleroi)

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Pour des raisons que je n’explique pas, wordpress et moi avons eu un petit souci de lisibilité des liens. D’habitude, ils doivent être d’un beau orange comme là Conservatoire Nationale  Supérieur d’Art Dramatique de Paris mais aujourd’hui, mystère cela ne fonctionne pas très bien ! Un seul conseil quand c’est orange, cliquez pour voir ce qui se cache derrière !

Jeudi soir, j’ai assisté à lEden à la lecture d’une pièce intitulée Le voyage égaré écrite par Aurélie Namur (auteure  et comédienne formée au Conservatoire Nationale  Supérieur d’Art Dramatique de Paris). Ce texte raconte les déboires d’une jeune européenne partie découvrir l’Amazonie. Ce texte autobiographique raconte comment elle, jeune femme blanche, est partie à la rencontre des indiens shuars, imprégnée du mythe du bon sauvage vivant en pleine fusion à  Mère Nature.

C’est l’histoire d’un rêve qui se transforme en cauchemar (papiers d’identité volés par les gardes-frontières, la méfiance et l’agressivité des populations locales, le corps qui ne résiste pas un environnement hostile).

Le fait de savoir qu’il s’agit d’un récit autobiographique rend l’expérience de lecture encore plus prenante. La lecture jouée par Lénaïc Brulé immerge le spectateur dans le texte. On pénètre  dans la jungle accompagnée du bruit des oiseaux, on sent presque la moiteur et l’humidité qui nous transpercent. Lénaïc Brulé interprète à merveille la fraîcheur et la candeur de la jeune femme. Au final, je suis subjuguée par la comédienne qui en lisant/jouant ce texte fait naître un embryon de pièce.

C’était une soirée spéciale Aurélie Namur, puisque après cette lecture nous avons assisté à une représentation de On se suivra de près présenté par la Compagnie les Nuits Claires. C’est l’histoire d’une jeune femme retrouvée morte de froid. Qui est-elle ? Que lui est-elle arrivée ? Est-ce que quelqu’un la pleure là ou ailleurs ?

L’auteur conçoit Le voyage égaré et On se suivra de près comme un diptyque. En effet, il est énormément question de la mort dans Le voyage égaré où la jeune femme est à un moment obsédée par l’idée de mourir et d’être enterrée dans l’anonymat le plus totale, au milieu de nulle part et à des milliers de kilomètres de sa famille.

On se suivra de près est une pièce dure qui vous colle à la peau. Les thèmes abordés sont graves. Le texte oscille entre tragédie et comédie notamment grâce à un personnage incarnant un messager sorti tout droit de l’antiquité grecque, s’exprimant en alexandrins magnifiques. Selon moi, son rôle se rapproche davantage du fou du roi ou de l’idiot du village, sa naïveté et son décalage lui permettant d’exprimer l’absurdité de la réalité.  Par exemple en parlant du génocide arménien « Donc plus il y a d’Arméniens qui meurent, plus les Arméniens se sentent Arméniens ? « 

Aurélie Namur joue le rôle du cadavre. Une véritable performance, la pièce démarre sur la découverte de son corps. Elle est raide, blanche.  On se croirait dans une chambre mortuaire. Certaines personnes présentes dans la salle ont pensé que c’était une poupée en plastique.

Michel Boermans a réalisé une série de photographies de la pièce. Je vous conseille réellement de cliquer sur le lien.

Je ne peux pas réellement tout décrire. Mais cette pièce malgré un texte difficile mérite d’être vue simplement pour être confronté au travail de Félicie Artaud et  d’Aurélie Namur  qui parfois privilégient le corps aux mots  et ainsi exprime mieux le drame qu’est la mort de tout être humain.

Moi ce que je retiens de la pièce, c’est que nous sommes mortels,  c’est un fait alors raison de plus pour profiter de son (unique) vie comme si on devait mourir demain.

Texte : Aurélie Namur
Mise en scène, dramaturgie : Félicie Artaud
Collaboration artistique, assistanat : Elizabeth Barbazin
Interprétation : Philippe Baron; Angelo dello Spedale Catalano; Aurélie Namur; Yannick Guégan; Fannie Outeiro.
Scénographie : Dominique Doré
Lumières : Dimitri Joukovsky
Décor sonore : Antoine Blanquart
Costumes : Catherine Sardi

Pour voir les prochaines dates, c’est ici !

J’ai dégotté sur Youtube un  interview de Félicie Artaud.

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  1. Pingback: Pas le temps « La valse à mille temps

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